Le temps des vacances, une belle occasion de se questionner sur nos routines… et de reprendre la lecture, qu’on laisse souvent de côté pendant le reste de l’année. Pour ma part, je suis retombée sur un livre que j’avais lu il y a des années, « Les fourmis » de Bernard Werber. Il y propose une énigme : comment faire 4 triangles équilatéraux avec 6 allumettes ? Pour trouver la réponse, il faut sortir du cadre.

 

Tout petits déjà, on nous inculque à prendre des habitudes que l’on pense bonnes pour nous. Pour peu que nous ayons grandis entourés d’amour, tout ce qu’on nous a appris a été guidé par des intentions louables et positives, mais qui restent édictées par d’autres personnes que nous-mêmes. Et ça commence très tôt !

 

  • Je pense qu’il faudrait que tu lui donnes le sein à heure fixe, tu vas le rendre capricieux
  • Laisse la poupée à ta sœur, c’est pas pour les garçons
  • Habille-toi un peu correctement, c’est pas une tenue pour une fille
  • Tu ne manges pas sainement, tu vas prendre du poids
  • Si tu rates tes études, tu vas ramer dans la vie
  • Artiste ? C’est pas un métier ! Sois un peu réaliste
  • Toujours célibataire ? J’ai quelqu’un à te présenter !
  • Et l’enfant/le mariage, c’est pour quand ?
  • Tu vas quand même pas quitter ton boulot sans en avoir un autre ?
  • Il ne serait pas temps que tu achètes une maison ? Tous ces loyers jetés par la fenêtre !
  • Tu penses à ta pension ? (j’en frémis)

 

… Tout cela semble semble être pour notre bien. Pour un hypothétique meilleur futur (et en réalité, c’est surtout l’expression des angoisses de l’autre, sous couvert de « je sais ce qui est bon pour toi »).

 

Or, le futur n’existe pas. Tout ce qui existe, c’est maintenant.

 

Peut-on imaginer, sans juger, qu’une mère n’écoute pas son entourage, mais seulement les besoins de son enfant ? Qu’un garçon coiffe une poupée des heures durant, qu’une fille s’abîme joyeusement les genoux à force de grimper aux arbres ? Qu’un enfant se délecte de glaces sans avoir mangé son souper ? Qu’un ado rate une année scolaire parce qu’il découvre la vie sociale, les filles, et que ses priorités soient aujourd’hui tout autres ? Qu’un adulte prenne goût à sa vie de célibataire, dissolue ou non ? Que des familles se décomposent et se recomposent avec pour seul moteur, la quête de l’amour ? Qu’un employé s’en aille parce qu’il n’est plus en accord avec son job, et prenne le temps de souffler pour retrouver à nouveau du sens dans ce qu’il fait ?

Qu’on décide sciemment de rester locataire parce qu’on est nomade dans l’âme et que rester dans les mêmes briques toute sa vie ne génère rien d’autre que l’angoisse de l’enfermement ?

 

Et si, demain, vous décidiez de prendre un café plutôt qu’un thé, d’emprunter un autre chemin pour vous rendre au boulot, de changer votre lit de place, d’acheter ce truc un peu cher qui vous ferait tellement plaisir, de consulter cette brochure sur cette formation dont vous rêvez en secret ? Autre idée un peu folle : et si, demain, vous ne faisiez absolument RIEN ?

Il ne s’agit pas de faire l’apologie du changement ou de la rébellion à tout crin, mais de sortir de SON cadre personnel. En testant autre chose, on prend conscience de la rigidité de ses limites (qui sont en fait, souvent, celles qui nous ont été fixées par d’autres) mais surtout, de ses possibilités à les faire bouger, reculer, s’assouplir, voire disparaître.

 

Alors, demain, quelle petite chose de rien du tout allez vous faire autrement ?

 

Qui a trouvé la réponse à l’énigme de Bernard Werber – sans aller voir sur internet 😉 ? Pour ma part, je l’avais oubliée. En me rafraîchissant la mémoire, je me suis rappelée que voir les choses différemment ouvre d’infinies perspectives.

 

A bientôt, ici ou ailleurs !

 

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