Nombre de personnes en souffrance, qu’elles soient en burnout, en crise existentielle ou en quête de sens, arrivent chez moi avec le sentiment de ne plus savoir qui elles sont « vraiment ».

 

Qui est-on vraiment ? Cette personne libérée de toutes les conventions, vierge de toutes les projections dont elle est dépositaire, celle qu’elle était quand elle est venue au monde, comme une page blanche sur laquelle tout est à écrire.. sa propre histoire qui, au fil des expériences, devient celles des autres :

Les parents, l’entourage, le conjoint, le patron/manager/chef.. toute personne qui, d’une manière ou d’une autre, peut asseoir une forme d’autorité par le simple fait qu’elle est aimée, admirée, respectée ou crainte.

 

Quel défi de se libérer des injonctions d’autrui et de retrouver, derrière toutes ces couches, le noyau intime et vrai, la palette authentique de toutes ses particularités, que la norme sociale décrétera bonnes ou mauvaises, mais qui font simplement qu’on est unique.

 

La persona, c’est le masque que portaient les acteurs de théâtre. Ce masque avait pour fonction à la fois de donner à l’acteur l’apparence du personnage qu’il interprétait, mais aussi de permettre à sa voix de porter suffisamment loin pour être audible des spectateurs.

Dans sa psychologie analytique, Jung a repris ce mot pour désigner la part de la personnalité qui organise le rapport de l’individu à la société, la façon dont chacun doit plus ou moins se couler dans un personnage socialement prédéfini afin de tenir son rôle social. Le moi peut facilement s’identifier à la persona, conduisant l’individu à se prendre pour celui qu’il est aux yeux des autres et à ne plus savoir qui il est réellement.

Dans ce cas, la persona de Jung est proche du concept de faux self de winnicott. Il faut donc comprendre la persona comme un « masque social », une image, créée par le moi, qui peut finir par usurper l’identité réelle de l’individu (Merci Wikipedia).

 

La désirabilité sociale, c’est ce que nous croyons plus facilement admissible, acceptable par nos pairs. L’homme est un animal social, a dit Aristote. Notre besoin fondamental d’appartenance nous fait adopter des comportements, des croyances, des identités que nous pensons être le sésame pour être aimés et intégrés dans la société.

 

La conséquence ? Des petits d’hommes spontanés et créatifs, qui deviennent des adultes éteints et perdus, pris en étau entre ce qu’ils se sont convaincus d’être pendant des décennies, et la pulsion de vie qui affleure enfin sous le manteau trop étriqué des conventions. Cette zone grise, entre qui on croyait être et qui on devient, est inconfortable mais porteuse de toutes les promesses.

 

Laissons enfin tomber le masque… n’ayons pas peur de qui nous sommes vraiment. Cette peur-là, est d’abord celle que les autres nous renvoient, ceux qui disent s’inquiéter pour nous… mais qui craignent surtout de perdre leurs repères et de ne pas nous reconnaître. Peut-être, sûrement, ont-ils secrètement envie de se libérer eux aussi… Inspirons-les 🙂

 

A bientôt, ici ou ailleurs !

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